Nomad, le nez belge qui va renifler l'atmosphère de Mars

©REUTERS

L’un des instruments clés de la mission européenne ExoMars est presque entièrement belge. C’est lui qui cherchera des traces de méthane dans l’atmosphère de la Planète rouge.

Il a la taille et l’allure d’une (petite) caisse en carton: Nomad, l’un des quatre instruments de l’orbiteur de la mission européenne Exomars qui prendra son envol lundi, ne paie pas de mine. C’est pourtant lui qui pourrait contribuer à établir si la Planète rouge recèle des éléments pouvant être considérés comme une forme de vie primitive. Rien que cela!

Placé dans la sonde qui restera autour de Mars (tandis qu’un petit module de descente appelé Schiaparelli s’y posera), Nomad (Nadir and Occultation for Mars Discovery), présenté jeudi à l’Euro Space Center à Transinne, va sonder et cartographier l’atmosphère martienne à la recherche de gaz comme le méthane. Si les scientifiques s’intéressent tant à ce gaz – que l’on pense avoir détecté précédemment, mais sans certitude –, c’est que, sur Terre, son origine est à 90% liée à la vie.

Presque entièrement belge

Financé par la politique scientifique fédérale (Belspo), Nomad (26kg) est presque entièrement belge. L’instrument, qui contient trois différents canaux de spectrométrie, a été conçu, développé et testé par l’Institut royal d’Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB) et OIP Sensor Systems, avec d’autres partenaires.

23 millions €
En tout, 13 partenaires belges et 10 étrangers ont participé à Nomad, dont le coût tourne autour de 23 millions d’euros. La Belgique est responsable de 90 à 95% de la réalisation.

Basée à Audenarde, cette entreprise de nonante personnes s’est fait un nom dans l’optronique spatiale et de défense. Elle a joué le rôle d’intégrateur de système pour Nomad et fourni deux des canaux de spectrométrie (dans l’infrarouge). OIP avait déjà fourni par le passé une partie d’un instrument analogue (appelé SOIR) présent sur la sonde Venus express. La qualité de son travail avait attiré l’attention de l’Agence spatiale européenne et de la Nasa, qui était initialement partie prenante du projet avant de se retirer en 2012. Conçu pour durer 2 ans, SOIR avait finalement fonctionné 8 années, jusqu’au début 2015.

©Sabrina Bonnewijn

Le troisième canal de spectrométrie (dans l’ultraviolet et la lumière visible) est l’œuvre de LambdaX, située à Nivelles. La firme liégeoise Amos, autre grand nom de l’optique spécialisée, a elle aussi fourni certains éléments, tandis que Thales Alenia Space Belgium à Charleroi s’est chargé de l’électronique embarquée. Le Centre Spatial de Liège s’est de son côté notamment occupé de la qualification environnementale (résistance aux vibrations, au vide…).

En tout, 13 partenaires belges et 10 étrangers ont participé à Nomad, dont le coût tourne autour de 23 millions d’euros. Initialement, l’Italie, l’Espagne et la Grande-Bretagne étaient engagées dans le projet, mais se sont retirées, en tout ou en partie, laissant la Belgique responsable de 90 à 95% de la réalisation.

L'agence spatiale belge sera créée à la mi-2016, avec un budget à hauteur de 200 millions d'euros, selon le quotidien De Morgen. Elle emploiera une soixantaine de personnes.    

L'organisme devra veiller aux intérêts économiques de la Belgique dans le secteur spatial, lequel comprend une soixantaine d'entreprises employant environ 2.000 personnes, pour la plupart hautement qualifiées. Le secteur enregistre un chiffre d'affaires annuel de 350 millions d'euros.

L'agence travaillera notamment avec la Chine en vue de développer un programme de satellites scientifiques. Celui-ci devra permettre d'observer la croissance de la végétation depuis l'espace et ainsi servir à l'agriculture.
    

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