L'appel au boycott de Facebook gagne en intensité

©REUTERS

A la suite du scandale Cambridge Analytica, les incitations au boycott de Facebook se sont multipliées. Le fondateur de WhatsApp a rejoint le mouvement #deletefacebook et vient gonfler la vague de défiance du côté des utilisateurs.

Le hashtag #deletefacebook prend de l'ampleur sur Twitter. Le phénomène, devenu viral, en appelle au boycott de Facebook après la révélation de l'utilisation des données des utilisateurs par la société d'analyse Cambridge Analytica.

Même le fondateur WhatsApp boycotte Facebook

Un mouvement relayé publiquement par Brian Acton, cofondateur de WhatsApp, une application à succès devenue propriété de Facebook depuis 2014. "C'est le moment", a-t-il tweeté ce mercredi en encourageant ses followers à supprimer leur compte Facebook."Effacer et oublier. Il est temps de se soucier de la vie privée", a-t-il ajouté.

Impossible de savoir si Brian Acton craint des effets similaires sur l'application WhatsApp. Toujours est-il que l'entrepreneur a décidé de quitter WhatsApp afin d'investir 50 millions d'euros dans Signal, une application de messagerie sécurisée.

Une réaction en écho au scandale Cambridge Analytica. Pour rappel, la société d'analyse est parvenue à collecter illégalement les données de 50 millions d'utilisateurs de Facebook pour booster les chances de Donald Trump d'accéder à la Maison-Blanche.

50 millions
Nombre d'utilisateurs dont les données ont été collectées
50 millions d'utilisateurs de Facebook ont vu leurs données personnelles utilisées pour favoriser l'élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis.

Accusé de n'avoir pas su empêcher la transmission des données, le géant Facebook essuie les critiques des utilisateurs du monde entier. Le patron du réseau social a promis qu'il allait s'adresser à ses employés ce vendredi pour, sans doute, tenter de les rassurer.

Seulement, la mise à l'index de Facebook dépasse le simple cadre des réseaux sociaux. Le scandale Cambridge Analytica a en effet poussé Nordea, la plus grande banque nordique, à "mettre cette entreprise en quarantaine", a indiqué Katarina Hammar, responsable du département d'investissements de la structure. Ce mercredi, le groupe bancaire a en effet décidé de ne plus autoriser ses fonds d'investissement à acquérir des actions Facebook et ce, pour une durée de trois mois.

"Jusqu'à ce que nous puissions évaluer complètement l'étendue de ce problème, nous choisissons de mettre cette entreprise en quarantaine"
Katarina Hammar
Responsable du département investissements de la banque Nordea

"Nous avons décidé de bloquer les achats d'actions de Facebook car nous voyons que les risques liés à la gestion de la protection des données" se sont manifestement accrus, a commenté Katarina Hammar. Un blocage qui ne s'applique pas à la vente des actions déjà détenues par les investisseurs. Nordea entend maintenir cette interdiction "jusqu'à ce que nous puissions évaluer complètement l'étendue de ce problème".

Des failles dans la protection des données

Damian Collins, président britannique de la commission de la Culture, des Médias et du Sport à la Chambre des communes, a adressé un courrier pour convoquer le patron de Facebook, désormais sur la sellette. Il demande à Mark Zuckerberg d'éclaircir la manière dont Facebook collecte et utilise les données personnelles de ses utilisateurs. 

"Vos réponses officielles ont constamment sous-estimé ce risque, et ont été trompeuses"
Damian Collins
Président de la commission de la Culture, des Médias et du Sport à la Chambre des communes

Selon Damian Collins, "le comité a demandé à plusieurs reprises à Facebook comment les entreprises acquièrent et conservent les données des utilisateurs de leur site, et en particulier si des données ont été prises sans leur consentement". Il estime en effet que le géant californien a constamment sous-estimé les risques de détournement des données.

De son côté, Roger McNamee, l'un des premiers actionnaires de Facebook, estime que l'affaire met à mal la confiance des utilisateurs du réseau social. "Le problème, c'est le mépris insensé pour les droits des utilisateurs à la vie privée et une indifférence vis-à-vis du respect des données qu'ils ont confiées à Facebook".

Un dossier d'autant plus polémique que le Guardian avait déjà révélé en 2015 que Cambridge Analytica avait utilisé des données Facebook. Cette fois-ci pour le compte de Ted Cruz, ancien rival de Donald Trump pour l'investiture du Parti républicain.

 

https://twitter.com/briacton/status/976231995846963201

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