"Fixons un délai maximum pour former un gouvernement"

Egbert Lachaert (Open Vld), Conner Rousseau (sp.a) et Joachim Coens (CD&V). ©Photo News

Les présidents des trois partis traditionnels en Flandre suggèrent des pistes de réforme pour éviter les blocages politiques à répétition.

C’est devenu une tradition à l’université de Gand (UGent): chaque année depuis 2006, le professeur Carl Devos invite des personnalités politiques pour inaugurer l’année académique. Mardi, les invités étaient les présidents des trois partis traditionnels: Egbert Lachaert (Open Vld), Conner Rousseau (sp.a) et Joachim Coens (CD&V).

Au sommaire de la leçon, comment éviter à l’avenir les blocages politiques à répétition? Les trois présidents de parti se disent favorables à l’introduction d’un délai maximum, passé lequel le Parlement est dissout et on retourne aux urnes. La méthode bruxelloise peut servir d’inspiration: on forme une majorité dans chacun des groupes linguistiques et on les additionne pour former un gouvernement fédéral.

"Le week-end dernier, nous étions sept présidents de partis flamands sur les plateaux des télévisions francophones, c'est dommage que l’inverse ne soit pas plus souvent possible."
Egbert Lachaert
Président du CD&V

Pour Egbert Lachaert, si les deux plus grands partis dans chaque communauté ne parviennent pas à se mettre d’accord, il faudrait pouvoir leur mettre une pression financière, en retirant 20% de leur dotation par exemple. Il n’est pas non plus opposé à l’idée de revoir les montants des dotations, qu’il juge trop généreux. Ce que confirme Ivan Devadder, journaliste de la VRT, qui rappelle que Jean-Marie Dedecker, dont le parti LDD n’existe plus, a toujours 1,5 million d’euros de dotation bloqué sur un compte.

Revoir la loi électorale

L’accord de gouvernement contient précisément l’idée de réformer le financement des partis. Tout comme il y est question de réformer la loi électorale. À cet égard, Joachim Coens souhaiterait modifier les circonscriptions électorales, en instaurant un système de gradation : on conserve les arrondissements pour les élections communales, on étend la circonscription à la province pour les élections régionales et on prend tout le collège néerlandophone (ou francophone) pour les élections fédérales et européennes. «On ne devrait plus interdire à un Limbourgeois de voter à la Chambre pour un candidat de Flandre occidentale», illustre Conner Rousseau.

"On ne devrait plus interdire à un Limbourgeois de voter à la Chambre pour un candidat de Flandre occidentale."
Conner Rousseau
Président du sp.a

Lachaert voudrait même aller plus loin et plancher sur une façon de pouvoir voter par-delà la frontière linguistique. C’est le principe de la circonscription fédérale même si le patron des libéraux ne le cite pas nommément. «Nous avons vu que durant cette crise, les familles politiques du nord et du sud se sont ressoudées», justifie-t-il.

Mais il ajoute qu’un tel virage nécessite que les responsables politiques soient présents dans les médias de l’autre communauté. "Le week-end dernier, nous étions sept présidents de partis flamands sur les plateaux des télévisions francophones, c'est dommage que l’inverse ne soit pas plus souvent possible", suggère-t-il.

"Nous avons vu que durant cette crise, les familles politiques du nord et du sud se sont ressoudées."
Egbert Lachaert
Président de l'Open Vld

Moins de députés

Conner Rousseau souhaite, lui, réduire le nombre de députés qui siègent dans les assemblées. «La France et les Pays-Bas comptent 13 députés pour 1 million d’habitants. En Belgique, on en a 42 !» Lachaert le rejoint et précise: «Réduisons le nombre de députés à la Chambre (actuellement 150) et faisons monter un certain nombre de députés des Régions afin d’apporter davantage de cohésion et de répondre au problème des compétences éclatées».

Signalons enfin que pour pouvoir apporter des réformes au scrutin de 2024, la Constitution impose de modifier la loi électorale un an à l’avance, soit pour mai 2023. L’accord de gouvernement prévoit déjà la possibilité de réviser l’article 195 de la Constitution, qui organise précisément la révision de la Constitution. Autrement dit, on pourra ainsi réformer tout article de la Constitution. "Même si nous avons dû pousser un peu pour convaincre les partis francophones", admet aujourd’hui Egbert Lachaert.

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