portrait

Daniel Loeb, l'activiste dans toute sa splendeur

Le fondateur de Third Point, qui se présente comme le défenseur d'actionnaires déçus, a investi dans Royal Dutch Shell et exhorte le géant pétrolier à se scinder en deux entités.

Daniel Loeb dans toute sa splendeur, adoré par les uns, honni par les autres. L’investisseur activiste américain, qui fêtera ses 60 ans en décembre, a décidé de s’attaquer à la société Shell, réclamant une scission du groupe en deux entités. Loeb n’a peur de rien. Même pas de la légende de l’investissement Warren Buffett. Voici quelques années, il avait accusé le sage d'Omaha d'hypocrisie, rien que cela. "J’aime comment Warren Buffett critique les hedge funds, mais il était le premier hedge fund", dit-il. "Il critique aussi les activistes, mais il est le premier activiste. Il indique que nous devons tous payer des impôts, mais il les évite lui-même." C’est clair, Loeb et Buffett ne passeront pas leurs vacances ensemble.

Daniel Loeb est un habitué de quelques gros coups médiatico-financiers (Sotheby’s, Nestlé, Sony, Herbalife, Yahoo…).

Sa société Third Point, fondée en 1995 et qui gère un peu de moins de 20 milliards de dollars, est une habituée de quelques gros coups médiatico-financiers (Sotheby’s, Nestlé, Sony, Herbalife, Yahoo…). Ses critiques à l’égard du géant pétrolier Royal Dutch Shell, il les a étayées dans une lettre aux investisseurs. Il évoque une stratégie "incohérente" et surtout une sous-performance de l’action (même si le titre a fortement rebondi cette année). Il parle de "deux décennies difficiles pour les actionnaires", avec un return annualisé de 3% seulement et en appelle en conséquence à une modification de la structure du groupe en créant deux entreprises: l'une regroupant les activités historiques et l’autre regroupant le gaz naturel liquéfié et les énergies renouvelables qui investirait massivement dans les énergies alternatives. Ses achats d’actions ont eu lieu au cours des deuxième et troisième trimestres de cette année pour un montant estimé à 750 millions de dollars. Chez Shell, le CEO Ben van Beurden a répliqué jeudi, en défendant sa stratégie. À ses yeux, des fonds comme Third Point n’aident pas à la transition énergétique dans laquelle Shell est impliquée. 

Sony et George Clooney

Il n’est pas sûr que les paroles du CEO de Shell convaincront Loeb dont le fonds phare affiche une hausse d’environ 30% cette année. Son attaque rappelle celle sur Sony où il prône aussi une scission en deux entités distinctes : divertissement d’un côté et semi-conducteurs de l’autre. Ceci au grand déplaisir de l'acteur George Clooney, qui avait accusé Loeb d’opportunisme, l'accusant de "diffuser un climat de peur qui conduit les studios à ne produire que des blockbusters".

Si Loeb est réputé pour des dossiers où il affronte les gestionnaires en place (il était intervenu dans l’affaire des obligations MCS de Fortis, mais Ageas a eu gain de cause en justice), il sait aussi investir "normalement" dans des sociétés avec une vision de long terme (il a investi dans AB Inbev).

C’est très jeune qu'il s’est intéressé aux actions. Il s'était même créé un joli pactole de 120.000 dollars à l'université qu'il a ensuite entièrement investi dans la société Puritan-Bennett, active dans le domaine médical. Le titre s'est ensuite effondré. Il en a retenu une bonne leçon: ne jamais mettre tous ses oeufs dans le même panier!

Le profil

  • 18 décembre 1961: naissance en Californie.
  • 1983: diplôme en économie de la Columbia University.
  • 1984: débuts professionnels chez Warburg Pincus.
  • 1994: vice-président de Citigroup, en charge de la distribution d'obligations à haut rendement.
  • 1995: création de Third Point Management.
  • 2021: sa fortune est estimée à 4 milliards de dollars par Forbes.

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