Les bourses inconsolables après les mesures exceptionnelles prises par la Fed

La Fed présidée par Jerome Powell va dépenser sans compter. ©AFP

Après la BCE, la Fed a sorti à son tour son bazooka. Sans pour autant réussir à impressionner les marchés.

Cinq jours après la batterie de mesures exceptionnelles adoptées par la Banque centrale européenne pour contrer les effets négatifs de la crise sanitaire, la Réserve fédérale américaine (Fed) a, à son tour, annoncé une deuxième vague massive d’initiatives pour soutenir son économie qui tourne de plus en plus au ralenti. Parmi ces mesures, la Fed prévoit l’achat pour un montant illimité d’obligations destiné à maintenir à de bas niveaux les coûts d’emprunts, et elle mettrait en place des programmes pour garantir les flux de crédit aux entreprises, aux gouvernements des États et collectivités locales.

Ces mesures radicales soulignent l’ampleur des perturbations causées par l’épidémie de coronavirus qui met de plus en plus la pression sur des millions de ménages et d’entreprises. Dans son communiqué, la Fed affirme "s’engager à utiliser sa gamme complète d’outils pour soutenir les ménages, les entreprises, et l’économie américaine dans son ensemble". Elle précise qu’un nouveau dispositif dénommé Main Street Business Lending Program, visant à augmenter les prêts aux petites et moyennes entreprises, sera annoncé prochainement.

Fait sans précédent

L’intervention sur le marché des obligations de sociétés constitue une étape sans précédent pour la Fed. Cela dit, les nouvelles facilités de crédit accordées par la Fed imposent des limites aux paiements des dividendes et aux rachats d’actions pour les entreprises qui auraient besoin de reporter les paiements d’intérêts.

Ces annonces suivent celles dévoilées, également par surprise, il y a huit jours et qui prévoient notamment l’achat par la Fed d’au moins 500 milliards de dollars de bons du Trésor américain. En même temps, la Fed avait décidé de ramener à 0%-0,25% la fourchette de son taux directeur.

Le Dow Jones sous les 19.000

Les annonces de la Fed n'ont toutefois pas suffi pour relancer vers le haut Wall Street. La Bourse de New York a  ouvert en baisse, pour passer assez rapidement sous le seuil des 19.000 points pour la première fois depuis novembre 2016, le mois au début duquel Donald Trump avait été élu à la présidence des Etats-Unis...

De son côté, le dollar, qui était en forme la semaine passée, a cette fois cédé du terrain par rapport aux grandes devises. La monnaie européenne a ainsi gagné 1,23% à 1,0819 dollar.

"Le taux de chômage aux Etats-Unis risque de monter à 30% au deuxième trimestre, tandis que la croissance économique pourrait reculer jusqu’à 50%..."
James Bullard
Président de la Fed de Saint-Louis

Les innombrables mesures prises ces dernières semaines par les responsables monétaires et nombre de gouvernements n’arrivent décidément pas à stopper durablement l’hémorragie des cours sur les marchés boursiers. Il est vrai que toutes ces mesures n’ont pas vocation à faire remonter les Bourses. Mais avant tout à assurer des liquidités dans les principales économies de la planète et à éviter de la sorte des faillites en cascade.

Ce dont souffrent surtout les Bourses en ce moment, c’est de la paralysie du monde des affaires qui impactera lourdement les bénéfices des sociétés au 2e trimestre, et cela alors que de plus en plus de consommateurs sont condamnés au confinement. Selon le président de la Fed de Saint-Louis James Bullard, le taux de chômage aux États-Unis risque de monter jusqu’à 30% au 2e trimestre, tandis que la croissance pourrait reculer jusqu’à 50%...

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