Should I stay or should I go? Londres doit trancher

Alain Narinx

"Should I stay or should I go? If I go, there will be trouble. And if I stay it will be double." Le titre mythique du groupe de punk rock britannique The Clash pourrait judicieusement résonner comme une description de l’indécision britannique concernant le Brexit. Celle-ci a atteint son paroxysme cette semaine. En (très) résumé: les députés britanniques ne veulent pas de l’accord conclu avec le reste de l’Europe par leur gouvernement, ils ne veulent pas non plus qu’il n’y ait pas d’accord, ils ne veulent pas de nouveau référendum et ils demandent du temps… sans trop savoir pour quoi faire. Si vous n’avez pas tout suivi dans leur raisonnement, c’est normal. À Bruxelles, même les diplomates les plus chevronnés – pourtant rompus aux négociations abracadabrantesques comme l’Europe sait si bien en produire – en perdent leur flegme (britannique of course).

Si la Chambre des communes était une personne, on lui conseillerait volontiers une psychanalyse. Le thérapeute y décèlerait sans doute un conflit intérieur au sein d’une nation aux multiples facettes, tiraillée entre ses rêves nourris par une splendeur passée et une raison qui la pousse vers l’Union européenne et son marché commun.

Rien de vraiment neuf du reste. Depuis son adhésion à l’UE, les différents gouvernements de Sa Gracieuse Majesté ont toujours eu une relation houleuse avec Bruxelles, bouc émissaire commode au demeurant. Qu’on se souvienne, par exemple, du fameux "I want my money back" asséné par Margaret Thatcher en 1979. Il déboucha sur une "ristourne" toute britannique au budget de l’Union. On pourrait encore citer le refus de Londres de participer à l’aventure de la monnaie unique ou de l’espace Schengen.

Pourtant, notre intime conviction est bien que ce Brexit est une aberration. D’un point de vue historique, culturel, politique, économique… le Royaume-Uni appartient à l’Europe. C’est l’intérêt commun de Londres comme des Vingt-Sept autres Etats membres de l’Union qu’il n’ait pas lieu. Mais soit.

Il est temps que cette tragicomédie, coûteuse et énergivore, cesse.

Désormais, il est temps que cette tragicomédie, coûteuse et énergivore, cesse. La semaine prochaine, les députés britanniques auront une troisième occasion d’entériner le contrat de divorce. La peur d’un échec du retrait de l’UE pourrait paradoxalement pousser les plus eurosceptiques à valider in extremis ce "soft Brexit".

Brexit

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont réfléchi sur les futures négociations concernant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Les dirigeants s'engageant à aller vite et à rester unis pour éviter que Londres n'arrache un accord trop favorable susceptible d'inspirer d'autres départs. Suivez toute l'actualité sur le Brexit dans notre dossier spécial >

Mais si tel n’était pas le cas, les Européens doivent trancher et mettre, fermement, les Britanniques devant leurs responsabilités. Londres doit alors apporter une solution: une élection, un nouveau projet, un second référendum… Ou alors, il faudra entériner le "no deal".

Prolonger une relation à l’agonie ne sert à rien. On ne peut indéfiniment faire dépendre l’avenir de l’Union européenne, de ses citoyens, de ses entreprises, des soubresauts parlementaires à Londres. Il faut de la clarté. D’urgence.

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