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Serge Fautré: "L'argent ne donne pas tous les droits, il doit être respecté"

©Dieter Telemans

59 ans / Né à Québec / CEO d’AG Real Estate / Membre du conseil d’administration d’Ascencio, de La Mondiale, d’Interparking et président de l’Union Professionnelle du Secteur Immobilier / Triple nationalité (belge, canadienne et luxembourgeoise) / Licence en économie à l’UCL et MBA à l’Université de Chicago / Passionné de sport… et de son métier / 3 enfants et 2 petites-filles.

Conseillez-vous aux jeunes d’investir dans l’immobilier dès qu’ils le peuvent?

Je pense qu’ils doivent éviter de se mettre la corde au cou pour investir dans l’immobilier. Mais s’ils en ont les moyens, bien sûr.

Lorsque vous avez commencé à gagner votre vie, que rêviez-vous de pouvoir vous acheter?

(Rires) Je rêvais certainement d’avoir une certaine sécurité, un confort de vie. J’ai toujours eu à cœur d’avoir les moyens de garantir et d’améliorer l’éducation de mes enfants, même si c’est venu un peu plus tard.

Quelle est votre définition du "vrai luxe"?

Moins de monde et du calme, de la respiration. Et une langouste rôtie au feu de bois sur une belle plage déserte (rires). Voyager en jet privé est probablement le summum du vrai luxe, mais c’est tellement une image tape-à-l’œil que ça ne l’est finalement pas.

Faites-vous régulièrement des travaux d’entretien et de rénovation dans votre logement?

Absolument, on en fait régulièrement et toutes les pièces y passent. Ça fait partie d’une obligation d’entretien d’un patrimoine immobilier que l’on peut avoir à usage propre et ça contribue à un élément de luxe aussi.

Je l'ai beaucoup répété mais il faut traiter l'argent avec respect. C'est le fruit d'un travail, il n'est pas honteux. Je pense que quelqu'un qui n'a pas un rapport un tant soit peu positif avec l'argent n'aime pas son travail. L'argent n'est pas un veau d'or, mais c'est le produit d'efforts.

Faites-vous vous-même la plupart des réparations chez vous?

Un peu moins chaque année. C’est un certain confort de ne plus peindre de 21h à minuit. Mais je m’évertue à mettre la main à la pâte car je pense que c’est une manière de respecter l’argent de ne pas faire faire tout et n’importe quoi par un tiers. C’est un respect pour le produit du travail, l’argent n’est pas là pour être gaspillé.

Vous souvenez-vous de votre premier contact avec l’argent, lorsque vous étiez enfant?

Je me souviens de mon petit porte-monnaie dans lequel je pliais soigneusement le billet de 20 francs belges. J’ai aussi le souvenir d’aller ramasser des bouteilles à gauche et à droite pour avoir l’argent de la consigne (rires).

Vous voyez-vous arrêter de travailler?

Non, pas du tout. Ce n’est pas un objectif en soi. Chaque année, la pension s’approche d’un an mais ce n’est pas du tout quelque chose qui fait partie de mes fantasmes, même si de plus en plus avec mon entourage on se dit "tiens, quel serait le lieu de vie idéal pour une retraite?" On pense que ce serait celui où se trouve notre vie sociale, dans notre propre pays. Mais je ne vois pas par exemple cet âge de 65 ans comme une barrière, j’espère pouvoir continuer à travailler sous une forme ou une autre.

Vous demande-t-on souvent conseil ou de l’argent à prêter?

De l’argent non, pas énormément. Il faut éviter de mêler vie privée et affaires. Mais on me demande évidemment conseil dans l’immobilier, heureusement d’ailleurs, ce serait inquiétant sinon (rires).

Y a-t-il des comportements relatifs à l’argent qui vous insupportent?

Que l’argent donne tous les droits. L’argent est le produit d’un travail, il donne des possibilités, des obligations mais pas nécessairement de droits. L’argent n’est qu’un moyen d’échange lié à du travail ou du talent. Gaspiller l’argent m’insupporte, par exemple.

De quel type de dépense diriez-vous qu’il s’agit d’argent jeté par les fenêtres?

La cigarette. C’est même de l’argent qui part en fumée (rires). Donc je ne fume pas!

Avez-vous des loisirs pour lesquels vous mettez plus facilement la main au portefeuille?

Le sport, je joue au golf, je fais de la voile, ça fait partie d’un équilibre vital. Pour des voyages, il faut savoir raison garder mais aussi acheter un peu de qualité de voyage de temps en temps.

En chiffres

 

1-2-3: "C’est une suite de chiffres importante pour nous: le 1 pour ma femme, 2 petits-enfants et 3 enfants."

 

7: "J’ai eu 7 employeurs dans ma vie. Ça m’a apporté chaque fois un cadre professionnel différemment enrichissant. Je pense que j’ai appris énormément, intellectuellement et humainement, en travaillant dans des environnements différents: une entreprise quasi d’État, Proximus, deux banques américaines, etc."

 

3: "3 nationalités. J’y suis très attaché, même si je suis belge avant tout. Mais ça fait partie de mon histoire d’être canadien, d’être né là-bas, et d’avoir aussi la nationalité luxembourgeoise."

 

3 milliards: "Lorsque j’étais à l’école, on parlait des 3 milliards d’habitants. Aujourd’hui, on est plutôt 7 milliards et on marche vers les 10. C’est une inquiétude ou du moins un questionnement extraordinaire que l’on doit tous avoir sur la façon dont on va vivre ensemble et se faire accepter quand on est 7 milliards de personnes."

 

40,3399: "C’est le nombre de francs belges qu’il fallait pour faire un euro. Est-ce que le fait de se souvenir du franc belge ou pas constitue un choc de générations? Je pense que ça influencera éternellement notre rapport à l’argent et celui que nous avons quant à la valeur de certaines choses."

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